25 ans de pratique : ce que l’expérience m’a vraiment appris sur l’accompagnement humain

Lorsque j’ai lancé mon activité en avril 1999, au cœur de la communication relationnelle avec mon propre cabinet de consulting, place de la Nation à Paris, je n’imaginais pas encore à quel point ce chemin allait s’élargir, se transformer… et surtout se préciser. Mes amies se tournaient toutes vers des métiers très conventionnels, travaillant dans des bureaux, comme assistantes, ou continuaient des études de 10 ans ou plus dans l’espoir d’obtenir un titre, le fameux « statut ». Mon choix professionnel m’a très vite permis de me passer de tout cela. Après des études de Communication, d’Information-Communication et une année de spécialisation en management, je me tournais vers la Psychologie de l’enfant et la parentalité, avant de reprendre des études plus longues en spiritualités. Mon chemin était différent et étonnait. Point.

Je n’ai jamais “changé de voie”. J’ai approfondi la même. J’ai aussi traversé différentes expériences professionnelles : stagiaire à l’hôpital Saint-Louis, en structure de petite enfance, assistante de psychologues en Point Écoute Jeunesse, intervenante en relaxation et art-thérapie à l’AP-HP… avant de revenir, à chaque fois, vers les métiers de la relation d’aide.

D’abord consultante en communication relationnelle, j’accompagnais les dynamiques humaines en entreprise : tensions interpersonnelles, posture, leadership. Très vite, une évidence s’est imposée : les outils de communication ne suffisent pas si l’on ne prend pas en compte l’état intérieur.

C’est ainsi que la sophrologie est entrée dans ma pratique, en complément. Puis, au fil des années, mon approche s’est enrichie d’un travail plus approfondi autour du fonctionnement émotionnel et comportemental. Depuis une dizaine d’années, j’exerce pleinement comme sophrologue et psychopraticienne, en cabinet, mais aussi en lycées, universités, entreprises et structures sociales, notamment autour de la régulation émotionnelle, des compétences psychosociales et de l’intelligence émotionnelle.

Cette évolution n’est pas une rupture, mais une continuité : aller de la communication extérieure vers une meilleure connaissance de soi et de ses fonctionnements internes.

Et avec ces 25 années d’accompagnement, voici ce que j’ai appris.


1. Tout le monde ne souhaite pas réellement changer
Certaines personnes restent organisées autour de schémas répétitifs (rejet, abandon, dévalorisation) qui, malgré l’inconfort qu’ils génèrent, apportent des bénéfices secondaires : attention, évitement de responsabilités, cohérence identitaire. Des mécanismes de protection (déni, rationalisation, projection) peuvent alors freiner toute évolution. Tant que ces dynamiques ne sont pas reconnues, le changement reste limité. Pour d’autres, un cadre de vie un minimum sécurisé, même sans éclat, avec des aides financières par exemple, vaudra toujours mieux qu’une vie trépidante incertaine. Parfois on ne peut lutter contre les conséquences « confort » de certaines situations…

2. On ne peut pas faire une démarche à la place de quelqu’un
Une demande portée par un tiers (conjoint, parent, institution) ne suffit pas à engager un travail en profondeur. Sans implication personnelle, la démarche reste superficielle. L’engagement réel repose sur une décision intérieure.

3. Parfois, la démarche est davantage symbolique qu’engagée
Certaines personnes entreprennent un accompagnement pour se rassurer ou se donner le sentiment d’agir. Cela peut relever d’une forme de régulation interne (réduction de dissonance), sans réelle intention de transformation. L’implication reste alors limitée.

4. Le concret transforme plus que la théorie
L’intégration passe par l’expérience vécue. Les exercices pratiques, les mises en situation et les ressentis corporels permettent une appropriation bien plus profonde que la seule compréhension intellectuelle.

5. Le vécu du praticien peut être un levier, avec discernement
Une parole personnelle, utilisée avec mesure, peut favoriser l’identification et sécuriser la relation. Elle doit toujours rester au service de la personne accompagnée.

6. Les outils ne remplacent jamais la qualité de présence
Les techniques, quelles qu’elles soient, prennent leur sens dans la qualité de la relation : écoute, congruence, authenticité. C’est cette présence qui soutient le processus.

7. Comprendre n’est pas forcément transformer
Certaines personnes développent une bonne compréhension de leurs fonctionnements sans que cela ne modifie leurs comportements. L’intégration passe aussi par le vécu émotionnel et corporel.

8. Le cadre soutient l’engagement
La régularité, l’implication personnelle et l’investissement dans la démarche sont essentiels. Une implication fluctuante reflète souvent une ambivalence face au changement.

9. Les évolutions rapides demandent à être consolidées
Certaines progressions peuvent être rapides, mais nécessitent d’être stabilisées dans le temps. Sans intégration progressive, des résistances peuvent réapparaître.

10. Les situations d’emprise compliquent l’accompagnement
Dans des contextes relationnels sous influence, l’autonomie de la personne peut être fragilisée. Le partage du contenu des séances avec une personne dominante peut freiner, voire interrompre, la démarche.

11. Le changement ne passe pas uniquement par le mental
Au-delà des pensées, il implique aussi les ressentis, le corps et les états internes. La notion de “signature énergétique” peut être entendue ici comme la tonalité globale de l’état intérieur.

12. Comprendre ses mécanismes est utile, mais pas suffisant
La prise de conscience est une étape importante, mais elle doit être accompagnée d’expériences concrètes et répétées pour s’ancrer durablement.

13. Le lâcher-prise favorise l’adaptation
Développer une capacité à accepter ce qui ne peut être contrôlé permet de réduire la tension interne et d’augmenter la flexibilité face aux situations.

14. Des objectifs clairs facilitent le processus
Une direction précise aide à structurer la démarche et à mobiliser les ressources personnelles.

15. Le manque de confiance est souvent lié à des expériences passées
Même en présence de réussites extérieures, certains schémas internes persistent. Le travail consiste à développer un sentiment de sécurité intérieure plus stable.

16. La formation continue est une exigence personnelle et éthique
Je considère la formation continue comme essentielle. Elle s’inscrit dans une vision de l’accompagnement où le praticien reste lui-même en évolution. Depuis 2024, je me forme notamment auprès de Harvard Medical School. Ces formations, exigeantes, nourrissent ma pratique et renforcent ma capacité d’analyse et d’accompagnement. Toutes les formations ne se valent pas : certaines apportent des bases, d’autres permettent un approfondissement réel. Cette exigence me semble cohérente avec ce que recherchent les personnes accompagnées : un professionnel engagé dans son propre développement.

17. Vouloir trop aider peut freiner le processus
Proposer trop de solutions ou orienter excessivement peut limiter l’autonomie. L’accompagnement consiste plutôt à soutenir l’émergence des ressources propres de la personne, en respectant son rythme et ses capacités. Il s’agit d’ouvrir des pistes, sans faire à la place.


En conclusion

Après toutes ces années, une chose reste centrale : le changement ne se décrète pas, il se construit.

Le rôle du sophrologue ou du psychopraticien est de proposer un cadre d’accompagnement, des outils et un espace d’exploration. Ces pratiques s’inscrivent dans le champ du bien-être, du développement personnel et de la relation d’aide.

Elles ne se substituent en aucun cas à un suivi médical ou psychologique. Le praticien ne pose pas de diagnostic et n’intervient pas dans le champ des pathologies. Il peut, si nécessaire, orienter vers un professionnel de santé qualifié.

L’accompagnement repose avant tout sur une collaboration : chacun avance à son rythme, avec ses ressources.

Vous souhaitez implémenter votre capital intérieur ou éliminer vos croyances limitantes ? Contactez-moi au 06 56 77 02 11 pour prendre rendez-vous.

Relationnel : Se séparer de certaines personnes. Écueil ou avancée ?

On a beau invoquer l’empathie, l’amour et la compatissance envers autrui, il y a des étapes de la vie pendant lesquelles il nous faut nous séparer de certaines fréquentations. Pourquoi ? Comment ? C’est ce qu’on vous explique dans cet article.

Relations fluides et relations rugueuses

Nous avons tous des amis de longue date, certains avec qui la relation a toujours été authentique et fluide, et d’autres avec qui la relation a été plus rugueuse, parfois tendue ou a moins « coulé de source »… Cette seconde catégorie n’est pas sans intérêt. Elle nous a peut-être « challengé » à un moment donné ou même inspiré. Chacun est libre d’estimer ce qu’une relation lui a apporté et de continuer à l’apprécier ou à la subir selon le cas.

Certaines relations, même conflictuelles, peuvent nous apporter leur leçon ou une aptitude nouvelle comme le développement d’une écoute pointilleuse ou encore le développement d’un sens relationnel mieux étudié, plus fin.

Continuer ou se défaire de certaines relations ?

Pourquoi devrais-je, dans ma vie, dans mon parcours, me séparer de certaines personnes ? Pour une seule raison : nous sommes tous faits pour évoluer. Dès lors qu’une personne entrave sérieusement notre capacité d’évolution, il devient légitime d’envisager une séparation.

Je ne suis pas partisante des demi-séparations puisque la relation nocive n’est jamais coupée dans ce cas. Elle continuera de distiller dans votre énergie son flot de négativité. A l’instar de Jean-Louis Aubert dans une certaine célèbre chanson il est parfois préfèrable de « couper » plutôt que de « déchirer » lorsqu’une relation m’apporte des mauvaises ondes…

Les fréquentations nocives

Si nous partons du principe que nous sommes tous perfectibles et que nous devons tous apprendre et évoluer tout au long de notre vie terrestre, il devient évident que les personnalités suivantes iront à l’encontre de ces principes :

  • Les personnes qui vous dénigrent et vous utilisent en profitant de votre gentillesse ou de votre naïveté. Parfois quelqu’un peut également vous leurrer en utilisant votre manque de connaissance dans un domaine précis.
  • Les personnes qui mentent et qui s’arrangent toujours pour vous faire croire que vous avez « mal compris » leurs propos. Ce sont des gens qui mettent en doute votre capacité de compréhension et d’analyse et qui vont donc influer sur votre confiance en vous.
  • Les personnes qui disent du mal des autres en permanence. Vous n’êtes probablement pas épargné…
  • Les personnes qui vous empêchent de vous accomplir ou qui refusent de vous voir vous accomplir. Souvent ces personnes ont un sens déraisonnable de la compétition.
  • Les personnes qui ne donnent jamais mais qui « copient » et « imitent » les autres. Une copie de vous-même ne vous apportera rien de nouveau…
  • Les personnes qui exigent du lien affectif en raison d’un lien du sang (ex: cousins, cousines éloignés) surtout pour vous demander des services mais qui disparaissent ensuite pendant des mois.
  • Les personnes qui ont avec vous un véritable conflit d’intérêt…
  • Les personnes qui, tout simplement, ne souhaitent pas nous voir évoluer vers une vie plus riche et meilleure, peut-être plus profonde que la leur…

Quand vos amis ne respectent ni votre temps ni votre évolution

Exemple : J’ai longtemps eu deux amis R (homme) et L (femme). Nous nous connaissions depuis nos 21 ans. Nous aimions nous fréquenter tous les trois. R et L habitant assez loin de Paris, en banlieue, ils me demandaient souvent de les rejoindre. Débordée par mon emploi dans la communication à l’époque, je n’avais que très peu de temps pour moi. Enfin c’est ce que je croyais. Un beau jour je demandais à R et L de venir chez moi car j’étais fatiguée et j’avais un gros dossier à rendre pour le lendemain. Aucun des deux n’accepta de faire le chemin que je faisais moi-même en sens inverse pour les voir depuis des années. Fâchée, je décidais de revoir mes priorités. Lors de mon temps libre je préférais de loin me rendre dans ma ville de naissance pour visiter mes parents et ma meilleure amie. Cette dernière n’était pas véhiculée. Mère célibataire elle n’avait que peu de moyens pour prendre le train. Il était donc acceptable qu’elle ne puisse venir me voir chez moi régulièrement contrairement à R et L qui avaient à la fois du temps et des moyens financiers. Bientôt je m’aperçus que depuis que j’avais cessé de courir à l’autre bout de la région parisienne pour y rencontrer des pseudos amis peu engagés dans notre relation je bénéficiais d’un surplus de temps ! Je décidais donc de m’inscrire dans une salle de sport, de m’astreindre à un nouveau régime alimentaire (auparavant j’estimais ne pas avoir le temps de peser les aliments et de cuisiner sainement) mais je pus également reprendre des études à distance. Par passion je décidais d’étudier les spiritualités à la fac. J’y rencontrais de nombreuses personnes vibrant haut et préparais le terrain à ma future carrière de thérapeute. Je pris aussi le temps de découvrir de nombreuses méthodes de relaxation. Par la suite R et L revinrent dans ma vie. Ils comprirent rapidement que je n’avais plus du tout les mêmes priorités. Les deux me dirent : « Tu as changé ! » d’une façon à la fois « envieuse » qui laissait sous-entendre « tu en fais trop, on aimerait en faire autant » et culpabilisante (« Tu n’as pas perdu ton temps toi ! »). Je leur répondis simplement que « changer était ce que nous étions tous censé faire » au long de notre vie. La routine peut avoir du bon mais garder des habitudes non efficaces et nocives revient à stagner tout simplement. Je prenais soin par la suite de ne plus perdre ni mon temps, ni mon énergie avec des personnes non engagées dans la relation d’amitié.

Que protéger lorsque la relation n’est pas 100% claire ?

Ce simple exemple nous amène à parler directement de ce que nous DEVONS tous protéger face à autrui, face à un contexte, à une situation pesante ou épuisante parfois :

  • Notre santé
  • Notre temps
  • Notre énergie personnelle car en temps de fatigue elle peut être compliquée à renouveler…
  • Notre relation de couple et notre stabilité familiale. Nous devons réfléchir à deux fois aux personnes que nous laissons entrer au sein de notre foyer (l’endroit où notre feu briller à l’intérieur…)
  • Nos enfants. Il y a des saboteurs de relation professionnels… Si nos enfants ne sont pas dupes, ne le soyons pas non plus…
  • Nos informations personnelles. Certaines personnes, par exemple, possèdent un compte facebook mais ne participent jamais au réseau. Leur compte est « privé » mais pourtant elles savent tout de vous. Ce sont des personnes curieuses qui ne laissent rien filtrer de leur propre intimité
  • Nos valeurs. Il y a certaines personnes qui peuvent par exemple appartenir à un groupe sectaire ou à une communauté très fermée. C’est parfois même le cas avec une simple… salle de sport ! C’est toujours délicat de rester authentique et de nourrir sa propre essence en fréquentant des gens dont le comportement nous parait malsain ou ambigü. Dès lors qu’il vous semble compromettre votre intégrité morale la fréquentation est à revoir. Je suis toujours prise de « mal-être » lorsque des gens me parlent de leur « travail au black » par exemple. C’est quelque chose que je ne comprends absolument pas peut-être parce que j’ai un fort sens du devoir et de l’honnêteté même si comme beaucoup je demeure dans l’incompréhension face à certaines lois ou règles, je les respecte.
  • Notre confiance en soi etc…

Autre exemple : une de mes clientes n’a jamais vraiment apprécié ses années à la fac. Elle se sent cependant pieds et poings liés avec des anciens amis de cette époque qui l’ont tous ajoutée à leurs réseaux sociaux. Chaque matin elle voit donc dans son fil d’actualités des infos concernant des personnes qu’elle ne porte pas dans son coeur. Il y a là une action à enclencher bien-sûr… Oui mais… la culpabilité est grande de se détacher de gens qui n’ont que le défaut de… ne pas nous plaire !

Ce qu’on ne nous dit pas à l’école et que nous apprenons donc à nos dépends un jour ou l’autre c’est que la vie est aussi faite de deuils et de nécessaires séparations. Chaque séparation entraine une quête nouvelle et fraîche qu’il convient de ne pas bâcler. Les accepter c’est accepter le jeu de la vie et celui de l’évolution personnelle. Entre l’école primaire et la faculté nous avons perdu des amis en chemin. Ces pertes étaient souvent involontaires… Apprenons à ne plus subir les séparations mais à les initier lorsqu’elles sont bien nécessaires afin de préserver notre intégrité tout court et notre intégrité mentale. En sophrologie comme en coaching ou en psychopratique il est possible d’opter pour des choix qui nous placerons dans une plus grande congruence (être aligné avec soi-même et adapté à nos propres valeurs).