Si tu ne réalises pas tes rêves, attends-toi à réaliser ceux des autres

Bon lundi à tous ! Aujourd’hui, parlons des rêves, des désirs et des objectifs que nous avons tous… mais que nous pouvons, parfois, hésiter à concrétiser.

Certains esprits pessimistes diront que nos rêves et objectifs tendent toujours vers la quête de bonheur et/ou de plaisir, comme si c’était égoïste et antisocial de penser à soi, à son bien-être, à son épanouissement…

En réalité la quête de plaisir est plutôt favorable au bonheur à moins que le plaisir ne devienne une prison incontournable : par exemple, « Je ne sais pas être heureux si je ne voyage pas tous les mois » ; « Je ne sais pas être heureuse sans la présence constante de mon conjoint » ; « Je suis malheureux dès que je n’ai plus tel critère de plaisir dans ma vie » etc.

Si je prends mon exemple personnel, j’ai toujours eu en tête, dès l’enfance, de croître sans cesse, d’apprendre, de ne jamais arrêter d’étudier, de voyager à but de rencontres locales etc. Alors, mon chemin professionnel n’a pas été rectiligne, certes, j’ai eu des périodes compliquées à différents niveaux, mais j’arrive à 50 ans en me disant que j’ai énormément profité de ma jeunesse, que j’ai aimé plus que de raison, que j’ai reçu énormément d’amour aussi, que j’ai réalisé tous mes rêves de voyages, d’écriture (par l’édition de mes livres), de musique (en réalisant deux albums avec les US et l’Angleterre etc.), mes rêves artistiques en peignant, sculptant, exposant etc.J’ai obtenu ce que je souhaitais, en somme. Certains essayeront toujours de rabaisser vos acquis, leur moyen d’obtention etc. On vous dira « Oui mais tu as été aidée par, au choix, tes parents, ton mari, ton ancien employeur, tes diplômes etc. » comme si cette aide-ci était « tombée du ciel ». En réalité, et je vous le dis souvent au cabinet : si quelqu’un vous aide matériellement ou financièrement, c’est que VOUS avez su manœuvrer positivement et persuader, ce qui est une grande qualité. Aucun mécène, ni mentor pour ceux qui n’ont pas de dons réels !

Pour obtenir le bonheur et l’alignement, j’ai renoncé 1. Au salariat et à la stabilité financière qu’il comporte 2. A une partie de ma famille, trop rabaissante et toxique, pas prête à me voir m’épanouir de façon si libre 3. A certains clichés de la société moderne 4. A une vie « tradi » entre mes 20 et mes 36 ans (cette vie-ci est venue ensuite mais par choix réfléchi, et non par « pression » ce qui s’avère très différent. )

La question de prioriser pour trouver du plaisir dans sa vie, réaliser ses rêves etc. est pleine de complexités. Il s’agit de mixer ses idéaux et d’éliminer ce qui ne peut nous épanouir.

Nous passons une grande partie de notre vie à répondre aux attentes. Celles de nos parents parfois craintifs de la vie, de notre entourage parfois trop prudent, de notre employeur souvent conscient de notre sens du devoir, de notre conjoint, de la société. Très tôt, nous apprenons à nous adapter, à faire ce qu’il faut, à être raisonnables. Cette capacité d’adaptation est précieuse, oui. Mais lorsqu’elle devient un mode de vie permanent, elle peut nous éloigner progressivement de nous-mêmes.

Une phrase résume parfaitement ce phénomène :

« Si tu ne réalises pas tes rêves, attends-toi à réaliser ceux des autres. Si tu ne prends pas ta vie en main, attends-toi à ce que les autres la dirigent à ta place. »

Cette idée peut sembler brutale. Pourtant, elle pointe une réalité fondamentale de l’existence : notre vie avance toujours dans une direction. La seule question est de savoir si nous choisissons cette direction ou si nous laissons les circonstances et les autres la choisir pour nous. Et vous le savez, surtout si vous discutez avec moi, après les séances, à mon cabinet : nous perdons un temps fou à essayer de nous adapter aux demandes incessantes (et parfois camouflées) des autres.

Le confort de la passivité

Prendre sa vie en main ne signifie pas tout contrôler. Personne ne maîtrise totalement son destin. Cependant, nous pouvons choisir notre attitude, nos priorités et les valeurs qui guideront nos décisions.

À l’inverse, rester passif procure souvent un sentiment de sécurité immédiate. On suit le mouvement. On évite les conflits. On reporte les décisions importantes. On attend le bon moment.

Mais le temps passe.

Et un jour, certaines personnes se réveillent avec une étrange sensation : celle d’avoir vécu selon le scénario des autres. Elles ont rempli leurs obligations, atteint certains objectifs, parfois même connu une réussite sociale. Pourtant, une question demeure :

« Est-ce vraiment la vie que je voulais vivre ? »

Les rêves oubliés ne disparaissent jamais

Les aspirations profondes ont une particularité : elles peuvent être ignorées, mais elles ne disparaissent pas.

Elles se manifestent parfois sous forme de fatigue chronique, de perte de motivation, d’irritabilité ou d’un sentiment diffus de vide. Comme si une partie de nous cherchait à rappeler qu’elle existe encore.

Bien souvent, les personnes qui consultent pour retrouver un équilibre émotionnel ou traverser une période de transition ne souffrent pas seulement du stress. Elles souffrent d’un éloignement d’elles-mêmes.

Elles ont appris à être efficaces, disponibles, performantes. Mais elles ont parfois oublié d’écouter leurs besoins profonds.

Reprendre sa place dans sa propre vie

Prendre sa vie en main ne consiste pas nécessairement à tout quitter du jour au lendemain.

Il s’agit plutôt de redevenir acteur plutôt que spectateur.

Cela commence souvent par des questions simples :

  • Qu’est-ce qui est réellement important pour moi ?
  • Quels sont mes besoins aujourd’hui ?
  • Quelles décisions est-ce que je reporte depuis trop longtemps ?
  • Qu’est-ce que j’aimerais oser si la peur n’était pas aux commandes ?

Ces interrogations ouvrent un espace intérieur nouveau. Elles permettent de retrouver une cohérence entre ce que nous sommes et la manière dont nous vivons.

Entre liberté et responsabilité

La liberté n’est pas seulement un droit. Elle est aussi une responsabilité.

Choisir sa vie implique parfois d’accepter l’incertitude, de sortir des habitudes, de décevoir certaines attentes extérieures. Cela demande du courage.

Mais l’alternative est souvent plus coûteuse encore : vivre avec le sentiment permanent de passer à côté de soi-même.

Le philosophe danois Søren Kierkegaard écrivait que le plus grand risque est de perdre son propre soi. Cette perte ne se produit pas soudainement. Elle s’installe progressivement lorsque nous cessons d’écouter notre voix intérieure pour ne suivre que celles qui viennent de l’extérieur.

Retrouver son chemin grâce à l’écoute de soi

La sophrologie et les approches de relation d’aide offrent un espace privilégié pour renouer avec cette écoute intérieure.

Dans un quotidien souvent rythmé par les obligations et les sollicitations permanentes, elles permettent de ralentir, d’observer ce qui se passe en soi et de retrouver davantage de clarté.

Lorsque le mental s’apaise, il devient plus facile d’entendre ce qui compte réellement. Les choix gagnent en cohérence. Les priorités se clarifient. La confiance en soi se renforce.

Peu à peu, la vie cesse d’être une succession de réactions aux événements pour redevenir une création personnelle.

En conclusion

Nous ne pouvons pas tout choisir dans notre existence. Mais nous pouvons choisir de ne pas l’abandonner.

Chaque jour offre l’opportunité de faire un pas, même modeste, vers ce qui nous ressemble davantage.

Car au fond, la véritable question n’est peut-être pas : « Suis-je en train de réussir ma vie ? »

Mais plutôt :

« Suis-je en train de vivre la vie qui me correspond vraiment ? »

Et parfois, cette simple question est déjà le début d’une transformation.

Cet article est publié à titre informatif et reflète uniquement la pratique et les opinions de l’auteure. Il ne remplace en aucun cas un avis, un diagnostic ou un suivi médical. Pour toute question relative à votre santé physique ou mentale, consultez un professionnel de santé.

Ces 5 clés pour être Soi et créer l’harmonie dans sa vie : éclairages des dernières recherches U.S

Aujourd’hui, j’avais envie d’aborder un sujet qui revient très souvent à mon cabinet de sophrologie de Vichy, mais aussi dans nos vies en général : comment être soi-même… vraiment, et vivre en harmonie avec ce que l’on est profondément. Autrement dit comment expérimenter chaque jour (et non une fois de temps en temps…) un profond alignement entre nos valeurs et désirs et notre vie concrète ?

C’est une question simple en apparence, mais lorsqu’on creuse un peu, on se rend compte que ce n’est pas si évident ! Entre ce que l’on attend de nous, ce que l’on pense devoir être, et ce que l’on ressent vraiment… il y a parfois un écart. Un grand écart ! Et c’est souvent là que naissent le stress, la fatigue, ou ce sentiment un peu diffus de ne pas être complètement à sa place. Les charges mentales, et j’en suis totalement certaine après 28 ans de travail dans l’Humain, proviennent aussi de notre manque de congruence et de concentration. Plus nous nous éloignons de ce que nous sommes profondément, plus nous sommes susceptibles d’encaisser des charges mentales violentes et de nous créer nos propres charges mentales. Alors le secret serait-il de développer une congruence à toute épreuve tout en apprenant à utiliser l’art de la concentration ? Pas certaine, hélas, que cela suffise. Explications…

Ce qui est intéressant, c’est que ce sujet de l’harmonie, de la congruence et de l’alignement, qui mènent au bonheur, est aujourd’hui très étudié en psychologie, et notamment dans les grandes universités américaines telle Harvard. Et leurs conclusions rejoignent beaucoup ce que l’on observe en accompagnement et en relation d’aide : être soi-même n’est pas un concept abstrait, c’est une base essentielle pour se sentir bien ou en tout cas pour s’offrir de l’oxygène au quotidien…

Petit exemple : lorsque vous vous levez le matin, c’est souvent la course. Vous avez tendance à croire que lorsque vous serez à la retraite tout ira mieux. Mais pour accompagner professionnellement en structures sociales et en entreprises des retraités, je peux vous dire que ce rythme ne s’efface pas du jour au lendemain et bien souvent… demeure, se re-ancre d’une autre façon dans leur quotidien ! Imaginons maintenant que vous puissiez vous lever plus tôt, pour méditer ou lire, prendre un bain chaud, masser vos pieds, vous accorder un petit soin du visage, arroser les plantes et écouter un peu de musique avant d’allumer votre téléphone ou de céder à la routine infernale de la journée. Est-ce que cela changerait quelque chose à votre Soi profond ? Probablement. Mais bien entendu, dites-vous, « je n’ai pas le temps pour ça ». Alors peut-on faire plus simple ou faut-il creuser le sujet plus profondément ?

Alors j’avais envie de partager avec vous 5 clés, issues de ces recherches, mais aussi de mon expérience de sophrologue.

1. Apprendre à se connaître vraiment et noter ses avancées…

La première chose, et peut-être la plus importante, c’est d’apprendre à se connaître. Dit comme ça, ça paraît évident… mais en réalité, on passe souvent plus de temps à s’adapter aux autres qu’à s’écouter soi-même. La psychologie parle de “conscience de soi”, c’est-à-dire la capacité à reconnaître ses émotions, ses besoins, ses valeurs (Kernis & Goldman, Psychology Today). Les études montrent que les personnes qui développent cette connaissance intérieure sont globalement plus sereines et prennent des décisions plus justes pour elles (Harvard Health Publishing). Et concrètement, ça commence souvent par des choses très simples : prendre un moment pour ressentir, se demander “de quoi j’ai besoin là, maintenant ?”. Il y a une chose que vous ne faites jamais : un audit de

2. Se réaligner avec ce qui compte vraiment

Ensuite, il y a quelque chose que je trouve essentiel, mais aussi parfois inconfortable : l’alignement. C’est-à-dire le fait d’agir en accord avec ce que l’on ressent profondément. Parce qu’on peut très bien savoir ce qui est important pour soi… et pourtant faire l’inverse. Dire oui alors qu’on pense non, continuer dans une direction qui ne nous correspond plus. Les recherches montrent que ce décalage crée du stress et une forme de tension intérieure (Smerek, 2021). À l’inverse, quand on commence à ajuster ses choix, même petit à petit, il y a souvent un apaisement qui se met en place. Ce n’est pas forcément spectaculaire, mais c’est bien réel.

A une époque pas si lointaine, j’avais dans mon entourage quelques personnes stressantes. Vous savez, des proches qui se comparent à vous et donc cherchent à vous décourager dans vos projets, des personnes jalouses de ne pas partir, elles, en voyage, des gens qui inconsciemment cherchent à vous faire douter de vous. Les gens ne font pas toujours exprès d’être « comme ça ». En réalité leur démarche intrusive les rassure sur leurs propres capacités. Hélas j’ai remarqué qu’une conversation fatigante au téléphone, dans laquelle on ne peut laisser se dire des inepties à notre sujet, ou sur un sujet d’actualité, est préjudiciable à notre énergie. Voilà pourquoi j’ai usé et abusé du procédé ‘blackliste et éloigne-toi » mais aussi de la maxime : « ce qui a été ôté de ta vie, ne le laisse jamais revenir ». Depuis j’avance tranquillement sur mes projets pros et artistiques, personnels etc. Lorsque je pars au bout du monde, j’attends d’être revenue pour en parler et la plupart du temps j’agis dans dire ce que je fais. Cette posture permet de se préserver.

3. Revenir au présent grâce à la pleine conscience

Une autre clé qui revient beaucoup dans les études, et que j’utilise énormément en séance, c’est la pleine conscience. Le fait de revenir à l’instant présent, de ralentir un peu. On vit souvent dans le mental, dans l’anticipation, dans le “il faut” ou “je devrais”. La mindfulness, étudiée notamment à Harvard, montre qu’en portant attention à ce que l’on vit ici et maintenant, on améliore sa régulation émotionnelle et on réduit le stress (Harvard Health Publishing ; Journal of Research in Personality). Et honnêtement, ce n’est pas toujours facile. On s’éparpille, on décroche… et c’est normal. L’idée, ce n’est pas d’être parfait, mais de revenir, encore et encore. C’est ce que je nomme le « recâblage ». Chaque pensée qui n’est pas adaptée à notre but doit être recâblée.

4. Oser être soi dans ses relations

Il y a aussi toute la dimension des relations. Être soi-même, ce n’est pas seulement un travail intérieur, ça se joue aussi dans le lien aux autres. Et là encore, ce n’est pas si simple. Oser être authentique, dire ce que l’on pense, montrer ses émotions… ça demande du courage. Mais les recherches montrent que c’est justement ce qui crée des relations plus profondes et plus satisfaisantes (Harvard Gazette). Être authentique ne nous isole pas, au contraire, cela nous rapproche des autres de manière plus vraie. Et petit à petit, cela renforce aussi l’estime de soi (Gino & Kouchaki, Harvard).

5. Cultiver le positif et le sens

Enfin, quelque chose qui me semble fondamental, c’est de remettre un peu de positif et de sens dans sa vie. On a parfois tendance à se focaliser sur ce qui ne va pas, sur ce qu’il faut améliorer. Mais la psychologie positive montre que les émotions agréables, comme la joie, la gratitude ou même des moments simples de calme, ont un impact direct sur notre équilibre (Harvard Health Publishing).

Et surtout, le fait de se sentir aligné avec une direction, avec quelque chose qui a du sens pour nous, change profondément notre manière de vivre. Les études montrent que cela augmente la résilience et le bien-être global (Personality Research, Springer).

Être soi-même, ce n’est pas une destination à atteindre parfaitement. C’est plutôt un chemin, avec des moments où l’on se sent très aligné… et d’autres où l’on se perd un peu. Et c’est ok.

Dans mon approche en sophrologie, ce que je vois, c’est que le corps est un formidable point d’entrée pour revenir à soi. Respirer, ressentir, relâcher… ce sont des choses simples, mais puissantes. Et souvent, c’est dans ces moments-là que l’on commence à se reconnecter, vraiment. Parfois, vous avez juste besoin de créer un espace intérieur et c’est le début d’une vie en conscience.

Peut-être que la vraie question n’est pas “comment devenir quelqu’un d’autre pour aller mieux”, mais plutôt “comment revenir, doucement, à ce que je suis déjà”.

Et ça, c’est un chemin profondément humain.

Je suis sophrologue et voici les 5 principaux regrets des gens qui arrivent à 50 ans

Après 28 ans d’accompagnement, à mon cabinet, en entreprises, en hôpitaux et structures sociales, je peux dire que le passage autour de 50 ans n’est pas une crise, mais une forme de réveil. Arriver à 50 ans est un moment où quelque chose devient impossible à ignorer. La vie continue en apparence comme avant, avec ses responsabilités, ses habitudes, ses repères bien installés, et pourtant, intérieurement, une distance se crée. Et ce n’est pas que mon ressenti, mais celui de quasiment toutes mes client(e)s de cet âge. Ce n’est pas forcément spectaculaire. C’est même souvent très discret. Mais c’est bien là. C’est bien présent. Une sensation de décalage, comme si la personne regardait sa propre vie avec un léger recul, et découvrait soudain qu’elle ne lui correspond pas autant qu’elle l’avait cru.

Pour ma part : un chemin intuitif, non sécurisé mais riche

En tant que thérapeute arrivée là en suivant mon chemin de vie (je ne me suis jamais imposée de carrière ni de statut particulier, je suis allée en confiance vers où je me sentais appelée) ces sensations sont très atténuées chez moi. Pourquoi ? Comme je l’ai dit, j’ai construit ma vie en suivant mes rêves, mes grands rêves fondateurs mais aussi les rêves plus ponctuels. Du coup, j’arrive à 50 ans avec un bagage important de rêves et d’objectifs réalisés que ce soit personnellement, en famille, dans le couple, professionnellement ou artistiquement parlant. J’ai voulu voyager dès mes 15 ans et je le fais toujours. J’ai voulu écrire et être éditée et c’est fait, peindre et exposer régulièrement, composer et je suis entrée à la SACEM, être propriétaire pour créer un univers bien à moi, à nous et tout cela a été fait. Je crois aussi avoir vécu de belles et grandes expériences spirituelles, en France, aux USA, en Inde etc. dès mon plus jeune âge. J’arrive à 51 ans prochainement avec une sensation d’apaisement. Le reste est du « bonus ». Mais tout le monde n’a pas eu ce chemin-ci, tout le monde n’a pas désiré suivre un chemin « intuitif ». Nous sommes élevés par des parents prudents, des professeurs parfois désenchantés, une société glorifiant la lutte et la sueur. Tout cela peut faire peur à 18 ans et pousser l’humain à se retrancher dans des objectifs raisonnables qui ne sont pas les siens.

Une vie rassurante mais qui ne nourrit rien sauf le banquier…

Ce qui émerge alors n’est pas un regret brutal ou une accumulation de fautes passées. C’est quelque chose de plus subtil et de plus troublant : la sensation d’avoir vécu à côté de soi. Beaucoup de personnes réalisent qu’elles ont construit une vie cohérente, sérieuse, rassurante, parfois même réussie selon les critères habituels, mais que cette vie ne les nourrit pas profondément. Elles ont suivi un chemin logique, souvent encouragé, parfois valorisé, mais rarement interrogé. Et en prenant ce recul, une question s’impose, presque dérangeante : « Est-ce que cette vie est vraiment la mienne ? »

Derrière cette question se cache un premier regret, rarement formulé de manière directe mais très présent : celui de ne pas s’être choisi. Non pas dans un sens égoïste, mais dans un sens profondément existentiel. Ne pas s’être autorisé à écouter ses véritables envies, à honorer ses intuitions, à suivre ce qui appelait de l’intérieur. À la place, beaucoup ont appris à être raisonnables, à sécuriser, à s’adapter. Et cette adaptation, qui a longtemps été une force, devient à un moment donné une forme d’effacement de soi. Du Soi.

Les élans ont fui

En creusant un peu, un autre regret apparaît, souvent chargé d’émotion : celui d’avoir laissé passer des élans qui étaient pourtant très vivants. Presque tout le monde peut se souvenir de moments où une autre direction semblait possible. Une envie de changer de voie, de créer, de partir, d’apprendre autrement, de vivre différemment. Ces élans n’étaient pas des caprices. Ils étaient des indications. Mais ils ont été étouffés, repoussés, remis à plus tard, au nom de la stabilité, des responsabilités ou du regard extérieur. Et avec le temps, ce « plus tard » s’est transformé en renoncement silencieux. À 50 ans, ce n’est pas tant le fait de ne pas avoir tout réalisé qui pèse, mais celui de ne pas avoir essayé.

Réussite ou Alignement ?

Un autre point revient avec une grande constance : la confusion entre réussite et alignement. Beaucoup de personnes ont sincèrement cru qu’en construisant une situation stable, en cochant les cases attendues, elles trouveraient une forme d’accomplissement intérieur. Et pendant un temps, cela fonctionne. Mais à mesure que les années passent, un vide peut s’installer. Non pas un vide matériel, mais un vide de sens. Comme si tout était là, et pourtant quelque chose d’essentiel manquait. Ce moment est souvent déroutant, parce qu’il remet en question des années d’efforts et de construction. Mais il est aussi précieux, car il ouvre une autre compréhension : celle que la vraie réussite ne se mesure pas à l’extérieur, mais dans le sentiment d’être à sa place.

Déconnexion de soi

Ce sentiment d’éloignement s’accompagne très souvent d’une déconnexion progressive de soi. À force de gérer, d’anticiper, de répondre aux exigences du quotidien, beaucoup de personnes ont appris à fonctionner en mode automatique.

Le corps est là, mais peu écouté. Les émotions sont présentes, mais souvent mises de côté. La spontanéité s’efface au profit de l’efficacité. Et un jour, cela se traduit par une fatigue plus profonde, une perte d’élan, parfois même une forme de lassitude existentielle. Ce n’est pas un problème à corriger rapidement, c’est un signal. Le signal qu’il est temps de revenir à soi.

Les 5 principaux regrets à 50 ans

Et puis, il y a quelque chose de plus intime encore, de plus essentiel. Un regret qui touche à l’enfance, non pas au sens nostalgique, mais au sens de vérité intérieure. Beaucoup de personnes réalisent qu’elles se sont éloignées de ce qu’elles étaient profondément lorsqu’elles étaient enfants. Non pas de leurs rêves naïfs, mais de leur capacité à ressentir, à s’émerveiller, à savoir instinctivement ce qui leur faisait du bien. L’enfant ne se pose pas la question de savoir si sa vie est cohérente ou acceptable. Il ressent. Il sait. Et cette part-là, avec le temps, a été recouverte par des couches de raisonnable, de logique, d’adaptation. À 50 ans, elle ne disparaît pas. Elle attend. Et lorsqu’on commence à l’écouter à nouveau, quelque chose se remet doucement en mouvement. Et les fameux 5 regrets s’expriment enfin :

  1. Ne pas avoir vécu une vie qui vienne réellement de soi (avoir suivi un chemin dicté par les attentes, la sécurité ou les normes plutôt que par ses élans profonds)
  2. Avoir étouffé ses envies et ses rêves d’enfant (ne pas avoir osé explorer ce qui faisait vibrer, créer, changer, essayer)
  3. Avoir confondu réussite extérieure et alignement intérieur (avoir coché toutes les cases… sans se sentir pleinement vivant)
  4. S’être progressivement déconnecté de soi (ne plus écouter son corps, ses émotions, fonctionner en pilote automatique)
  5. Avoir repoussé sa vraie vie à plus tard (attendre le “bon moment”… qui n’est jamais vraiment venu)

Ce que ces regrets viennent révéler, au fond, n’est pas que la vie a été mal vécue. C’est qu’elle a été vécue selon des repères extérieurs, souvent utiles, parfois nécessaires, mais insuffisants pour nourrir pleinement l’être.

On nous a appris à construire, à réussir, à tenir, mais rarement à nous écouter en profondeur. Or, vivre sereinement, tranquillement, dans une forme de justesse intérieure, n’est pas une vie au rabais. C’est peut-être même l’une des formes les plus abouties de réussite. Une vie où l’on n’a plus besoin de prouver, ni de correspondre, mais simplement d’être en accord avec soi.

Quelques exemples de déconnection

M. a 50 ans, elle a suivi les mêmes études que sa meilleure amie. Or, ce n’était pas elle. Engluée dans une carrière qu’elle croyait « de terrain » et qui s’avère administrative la plupart du temps, elle regrette désormais de ne pas avoir suivi les études d’océanographie qu’elle projetait (« La voie est bouchée » lui avait-on dit). Aujourd’hui il est trop complexe, avec une famille, de revenir en arrière.

S. n’a jamais eu d’attaches. Elle a vécu une vie facile faîte de fiestas et de virées en Espagne et en Grèce. Aujourd’hui elle concède que cette existence n’aurait pas du perdurer au-delà de ses 35 ans. Elle envie ses ami(e)s qui ont construit, possédant une maison, une famille etc. Sa jalousie hurle « Il n’y en a pas assez pour moi » et son énergie : « Je renie mes propres choix ». Ce type d’histoires, en vieillissant, est légion.

B. a eu des parents aimants qui lui ont tout donné. Or il les a toujours considérés comme des faibles gens, des personnes incapables d’avoir une vie « excitante » comme la sienne, faite de voyages, de loisirs etc. A 50 ans, il les accuse d’avoir saboté son existence en l’aidant trop…

Beaucoup de situations du passé, des regrets, font surface à 50 ans. Il convient d’accepter notre passé en accueillant l’avenir de façon favorable et non orientée.

Un réalignement est nécessaire

À ce moment de la vie, il ne s’agit pas de tout remettre en question ou de tout changer. Il s’agit de se réaligner. De revenir progressivement vers ce qui fait sens. De redonner de la place à ses envies, même simples, même tardives. De réhabiliter ce qui, autrefois, semblait irréaliste mais profondément juste. Ce n’est pas un bouleversement spectaculaire. C’est un déplacement intérieur. Et ce déplacement peut transformer profondément la manière de vivre, de ressentir, d’être en relation.

En tant que sophrologue et psychopraticienne à Vichy, j’accompagne ces moments où quelque chose en soi ne veut plus continuer comme avant. Ce ne sont pas des moments de faiblesse. Ce sont des moments de vérité. Et lorsque cette vérité est accueillie, écoutée, accompagnée, elle devient un point de départ. Pas pour devenir quelqu’un d’autre, mais pour redevenir pleinement soi.

La question n’est peut-être pas de savoir si l’on a réussi sa vie. La vraie question, celle qui émerge naturellement à cet âge-là, est beaucoup plus simple et beaucoup plus exigeante à la fois : est-ce que je suis en train de vivre une vie qui me ressemble vraiment ?