Peut-être avez-vous remarqué ? Il y a des projets dont on parle beaucoup… et qu’on ne réalise jamais. Il y en a d’autres que l’on construit « en douce », presque en secret, sans chercher l’approbation ni demander l’avis de son entourage. Sans se demander ce que les autres vont penser. Ce sont souvent ceux-là qui prennent le plus joliment forme !

Lorsque j’ai lancé mon livre « Voyage en Self-Love » toute seule, sans éditeur, j’étais très regardante sur ce point : « Celui-ci est édité par moi seule, va-t-il trouver son lectorat ? » Mais finalement j’ai commencé la promotion de ce dernier sans me préoccuper de cela et ça a été ma meilleure vente depuis des années. Idem pour les formations : à chaque fois que je dispense des formations (j’ai débuté en 1999 dans une école de Communication parisienne) en faisant exactement ce qui me plaît, en transmettant le contenu, seule ou avec un assistant, à ma façon, avec joie, positivisme etc. elle est reçue de façon optimale. Pourtant il y a toujours un ou deux « extérieurs » qui diront : « Oh, ce n’est pas la norme ! » ou encore « Pourquoi raconter tant d’anecdotes ? » Il y a des gens qui sont tellement bouffés par le conventionnel qu’ils ne tenteront jamais rien par eux-mêmes. Voilà pourquoi je garde la plupart de mes projets secrets.
Je l’ai constaté à plusieurs reprises dans mes propres projets : lorsque je cesse d’expliquer, de justifier ou de chercher à être comprise, les choses avancent avec davantage de fluidité.
Et si cette façon de faire avait quelque chose à nous apprendre sur nous-mêmes ?
Il y a peu de temps j’ai subi une opération bénigne mais nécessaire. Juste avant d’entrer au bloc j’étais encore entrain de penser à la prochaine formation en ligne que je dois mettre en place. Oui les cogitations arrivent aussi aux sophrologues ! Un proche m’a dit : « Déjà ? Tu n’attends pas que la première se vende » Il n’avait pas tort : je venais de la mettre en ligne et elle affichait encore la mention « nouveauté » sur Udemy ! Ce serait donc plus prudent d’attendre « pour voir » avant de se lancer dans une nouvelle, sachant que c’est énormément de travail pour moi à chaque fois. Mais mon mari lui a eu une vision inverse : « Tu ne vas pas attendre d’être satisfaite des ventes pour faire ce pour quoi tu es faite, quand même ! » Bref, je suis sortie du bloc (et de mon anesthésie générale) deux heures plus tard et j’ai totalement oublié cette histoire de formation. En famille, j’étais focalisée sur autre chose. Et d’ailleurs je pensais surtout au projet de bassin dans le jardin et à commander du grès sauvage pour mes sculptures, à ranger la maison pour la rentrée et repeindre mon cabinet ! Rentrée chez moi 3 jours plus tard, je suis rendue compte que dans les 2 heures de cette opération, alors que je venais d’en parler, j’avais vendu 5 formations ! Le lâcher-prise et le silence n’ont pas leur pareil !

Lorsque nous annonçons un projet, nous ouvrons immédiatement la porte aux réactions extérieures. « Tu es sûre ? », « Et tu crois que ça va fonctionner ? », « À ta place, je ne ferais pas comme ça… », « Tu devrais plutôt faire comme ceci… »…
Ces remarques sont parfois bien intentionnées et peuvent même être pertinentes. Mais elles peuvent aussi nous éloigner progressivement de notre intuition première. À force d’écouter les opinions, on finit parfois par ne plus savoir ce que nous, nous voulons réellement !
Un projet qui était au départ vivant, enthousiasmant et évident devient alors quelque chose qu’il faut défendre, argumenter, expliquer. Et l’énergie qui devrait servir à le construire commence à être utilisée pour convaincre. Tout n’a pourtant pas besoin d’être partagé immédiatement. Un projet peut avoir besoin de silence pour grandir. Comme une graine que l’on vient de planter, il est parfois préférable de la laisser s’enraciner avant de l’exposer.
Lorsque personne ne sait ce que nous sommes en train de préparer, nous sommes moins exposés au regard extérieur. Nous pouvons expérimenter, changer d’opinion, nous tromper, recommencer parfosi… Nous avons le droit de construire quelque chose avant de savoir exactement où cela nous mènera.
C’est une forme de liberté, et parfois même une forme de protection.
Personnellement je déteste me sentir empêchée de faire quelque chose, surtout si cette dernière m’inspire, m’éveille, me motive… Donc j’ai un système inverse : je fais toujours « en douce » ce que certains me déconseillent de faire ! Je me dis « Ouh, on dirait que ça leur ferait mal que je fasse cela… donc c’est que ça me grandira forcément ! » et je le fais. L’adversité est vraiment la notion qui me motive le plus après l’Inspiration !
Faites le test, dites à une personne contrôlante que vous avez économisé assez pour partir vivre dans votre pays de rêve, que vous êtes très heureux et que vous possédez déjà un projet à exercer à-bas… Il y a peu de chance que la personne en face vous dise : « Super ! Force à toi ! » Non, elle sera probablement gênée par votre enthousiasme ou essaiera de vous faire changer d’avis : « Mais tu n’auras pas la sécurité sociale, là-bas ! » Elle vivra votre beau projet comme le miroir lui renvoyant ses propres craintes de s’accomplir. Beaucoup de gens vivent dans une version très conventionnelle d’eux-mêmes.
Il existe aussi une autre raison pour laquelle agir discrètement peut être libérateur : cela permet de se détacher de son image. Lorsque les autres savent que nous avons annoncé tel projet, nous pouvons ressentir une pression supplémentaire : celle de devoir réussir. Nous n’avons plus seulement notre propre regard sur nous-mêmes, nous imaginons celui des autres. Et si j’échoue ? Que vont-ils penser ? Que vais-je devoir leur dire ? Vais-je avoir l’air ridicule ?
Alors, sans même nous en rendre compte, nous pouvons choisir ce qui est raisonnable, valorisant ou rassurant plutôt que ce qui nous correspond vraiment ! Faire les choses en douceur, sans annonce préalable, permet de retrouver quelque chose de plus simple : je le fais parce que j’en ai envie. Pas parce que je dois prouver quelque chose, pas pour être admiré, pas pour obtenir quelconque approbation. Simplement parce que ce projet a du sens pour moi ! Pour moi, pas pour les autres ! Et si les choses roulent alors tant mieux !
En sophrologie, nous travaillons sur l’écoute de soi, la présence à ce que nous ressentons et la capacité à prendre du recul face aux sollicitations extérieures. Le regard des autres peut prendre énormément de place dans notre vie. Nous pouvons nous comparer, anticiper les réactions, chercher à correspondre aux attentes, avoir peur de décevoir ou de donner une mauvaise image.
Souvenons-nous que le plus douloureux, à la fin d’une vie, est d’avoir des regrets. Pour avoir travaillé entre 2003 et 2006 en service de fin de vie, à l’AP-HP, je connais bien les regrets des personnes en fin de vie : ne pas avoir fait LE voyage, ne pas avoir eu le courage de partir, avoir laissé quelqu’un partir, par convention, pour faire plaisir aux parents… Ne pas avoir monté l’entreprise, ne pas avoir utilisé ses dons…
Créer dans le silence permet de s’écouter soi. Et ouvre de nombreuses possibilités !
Consulter ma toute nouvelle formation (en anglais) sur la Valeur de Soi.

