Remonter la pente lorsque tout semble négatif est l’un des défis les plus profonds que nous rencontrons au cours de notre vie. Période de deuil, échec professionnel, rupture, perte de sens… Parfois, tout semble s’accumuler au point de nous donner l’impression d’être bloqués au fond d’un puits. Pourtant, même dans ces moments-là, il existe certains leviers concrets pour reprendre appui et avancer. A mon cabinet de sophrologie, nous n’étudions pas des solutions à proprement parlé mais nous faisons déjà redescendre la charge mental et nerveuse d’un cran. Nous croyons que plus la détente physique et mentale s’installe, plus les solutions de bon sens s’imposent naturellement. Pas besoin donc de se surcharger dans une quête de solutions usante.
Voici une approche réaliste et humaine pour retrouver progressivement l’équilibre.
1. Accepter que ça ne va pas
La première étape est souvent contre-intuitive : accepter la situation telle qu’elle est.
Nous passons beaucoup d’énergie à lutter contre nos émotions : « Je ne devrais pas me sentir comme ça », « Je dois être fort », « Ça va passer tout seul ».
Or, reconnaître sa tristesse, sa colère ou son découragement permet déjà de diminuer leur intensité. L’acceptation n’est pas la résignation. C’est un point de départ lucide.
Posez-vous cette question simple :
Qu’est-ce que je ressens vraiment en ce moment ?
Mettre des mots sur l’émotion, c’est commencer à la contenir.
Par exemple : « La période est triste. Je ne trouve pas actuellement la motivation dans mon travail. Je me sens en transition. Les soucis s’accumulent et je ressens le besoin de partir en vacances ou au moins de couper avec ce cercle vicieux » peut être une réflexion qui fait sens. Oser dire « Je suis en deuil et je suis triste » ou « Je n’ai plus aucune envie de m’embêter avec telle ou telle chose » peut vraiment changer la donne et pourquoi pas laisser l’espoir revenir. Lorsque de la place est faite souvent l’espoir revient.
2. Revenir au corps pour calmer l’esprit
Lorsque tout semble négatif, notre mental s’emballe. Les pensées deviennent répétitives, parfois catastrophiques. Dans ces moments-là, le corps est un allié précieux.
Respiration lente, marche consciente, étirements doux : ces gestes simples permettent de faire redescendre la pression. La respiration abdominale, par exemple, active le système nerveux parasympathique, celui qui favorise l’apaisement. Certains clients me disent « Une soirée relaxante ne changera pas mon problème », pourtant elle aidera à « redescendre », à relativiser et à se couper, au moins un moment, du sujet préoccupant.
Certaines personnes choisissent également un accompagnement spécifique, comme consulter un sophrologue à Vichy ou ailleurs, afin d’apprendre des techniques structurées de relaxation et de visualisation positive. L’essentiel n’est pas le lieu, mais la régularité de la pratique.
Le corps est une porte d’entrée vers le calme mental. Encore faut-il accepter de s’y reconnecter.
3. Fractionner la difficulté
Quand tout va mal, nous avons tendance à voir la situation comme un bloc massif et insurmontable. Pourtant, aucune difficulté n’est uniforme.
Au lieu de penser :
« Ma vie est un désastre »,
demandez-vous :
« Quelle est la plus petite action que je peux accomplir aujourd’hui pour améliorer 1 % de ma situation ? »
Un appel passé.
Un CV envoyé.
Une promenade de 10 minutes.
Un rendez-vous pris.
La progression n’est pas spectaculaire, elle est cumulative. Les petits pas répétés construisent un mouvement.
4. Réduire l’exposition au négatif
Dans les périodes fragiles, nous sommes plus sensibles à l’environnement. Trop d’informations anxiogènes, de comparaisons sur les réseaux sociaux ou de discussions pessimistes peuvent amplifier notre état.
Faites le tri.
Choisissez ce que vous consommez : informations, contenus, fréquentations.
Protéger son énergie n’est pas de l’égoïsme. C’est de l’hygiène mentale.
Une amie un peu trop intrusive qui vous donne des conseils dans des domaines qu’elle ne connait pas peut être très agaçant. Ex: Quelqu’un qui vous donne des conseils pour bien gérer votre patrimoine immobilier alors qu’elle n’en a pas elle-même. Ou celle qui donne des conseils de couple alors qu’elle a toujours été célibataire. Parfois certaines personnes et discussions relèvent tout simplement de l’ineptie. Elles sont tellement déconnectée de la réalité qu’elles en deviennent agaçantes et énergivores. Déterminez si vous avez besoin de ce type de contacts ou non !
5. S’entourer, même quand on en a peu envie
L’isolement est souvent une conséquence naturelle du mal-être. Pourtant, c’est rarement une solution.
Parler à une personne de confiance, consulter un professionnel, rejoindre un groupe de soutien : partager allège la charge émotionnelle. Nous ne sommes pas faits pour porter seuls nos tempêtes intérieures.
Demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse. C’est une preuve de lucidité. Il s’agit juste de ne pas se confier à des personnes jalouses, envieuses ou en conflit d’intérêt symbolique avec vous.
6. Redonner du sens, progressivement
Lorsque tout semble négatif, c’est souvent le sens qui vacille. Pourquoi continuer ? À quoi bon ?
Plutôt que de chercher une grande réponse philosophique, revenez à des choses simples :
- Qu’est-ce qui compte encore un peu pour moi ? La réponse peut être « mes enfants, ma maison, l’organisation de mon intérieur, une activité bien particulière »
- Quelles valeurs restent importantes, même dans cette période ? La réponse peut être « l’amitié, la santé, le sport, un mode de vie sain, rester fidèle à soi-même »
- Qui ou quoi mérite que je continue d’avancer ? La réponse peut être « ma famille, mes enfants, ce rêve auquel j’ai répondu, les avantages que je reçois lorsque tout va bien »
Le sens ne se trouve pas toujours. Il se reconstruit.
7. Accepter que la remontée soit irrégulière
Remonter la pente ne se fait pas en ligne droite. Il y aura des jours meilleurs et des rechutes. Ce n’est pas un échec, c’est un processus.
Imaginez une courbe en dents de scie, mais avec une tendance globale vers le haut. C’est souvent à cela que ressemble la résilience.
En conclusion
Quand tout semble négatif, l’objectif n’est pas de devenir immédiatement positif. Il est de redevenir stable.
Stabilité émotionnelle.
Stabilité corporelle.
Stabilité dans les actions quotidiennes.
Puis, petit à petit, l’élan revient.
Remonter la pente n’est pas un exploit spectaculaire. C’est un engagement discret envers soi-même, répété chaque jour. Et parfois, ce sont précisément les périodes les plus sombres qui nous permettent de découvrir une force intérieure que nous ignorions posséder.

