Votre parcours et celui des autres

Nous vivons une période de mouvement et d’évolution permanente. Dans cet univers il faut sans cesse s’adapter, se réadapter, se former, apprendre, pour ne pas être dépassé. Aussi il n’est pas rare de voir des gens se questionner sur la « validité » de leur parcours personnel ou professionnel et d’autres se comparer à leurs voisins, collègues ou relations… C’est un écueil courant en coaching. On vient parfois davantage pour « ressembler à l’autre » que pour « devenir Soi ».

Chaque parcours est unique

Chaque être et chaque parcours est unique et précieux pour la société et le monde qui nous entoure. Personne n’a exactement la même vocation ni le même appel. Même dans des professions comme celle d’avocat, il y a différents buts et objectifs, différentes spécialités (le droit de la famille, celui des affaires ou de l’entreprise etc.) et chaque avocat aborde ses dossiers avec sa vision des choses, son vécu, son expérience.

Différentes nuances

Il en va de même dans la vie quotidienne : nous avons tous des spécialités et des passions différentes. La même passion peut être menée très différemment par deux personnes distinctes. Si je fais de la musique je peux par exemple choisir de composer, mon voisin préférera, lui, écrire ses propres chansons, un autre aimera passer son temps à faire des reprises de chansons connues. Nous sommes tous différents. Le même métier, la même passion sont abordés en fonction de notre caractère dans la nuance.

Le facteur Age

Le facteur Age nous ancre parfois dans un immobilisme. En coaching, je rencontre différentes personnes. Certaines sont prêtes à tout pour atteindre leurs objectifs, d’autres préfèrent se laisser guider, porter. Les jeunes ont une vision extraordinaire : ils voient loin et tout est possible. Au cabinet arrivent parfois de « petites tempêtes » pleines d’énergies qui se voient très bien lancer leur affaire en Australie ou aux USA et qui… y arrivent ou sont en bonne voie ! Et puis il y a ceux que la vie a tranquilisés (trop parfois) et qui n’arrivent plus à se projeter sur 6 mois, 1 an…

Apprécier tout ce qu’on possède déjà

Il y a un point sur lequel chacun peut cependant travailler : apprécier ce qu’il possède à l’heure actuelle plutôt que de regarder dans le jardin du voisin. C’est une étape indispensable. Bien-sûr si rien ne semble nous plaire ou nous convenir dans notre vie, il y a un parcours à réaliser. Il est profond et parfois contraignant mais peut nous amener au Mieux-être.

Apprendre à renoncer au passé

Apprendre à renoncer à ce que nous n’avons pas obtenu à une époque par exemple, est une étape forte, pleine d’enseignements. Sur le papier cela parait simple, mais dans la vraie vie c’est infiniment plus complexe qu’il n’y parait… Les gens qui comparent leur parcours à celui des autres ne sont jamais « à leur place ». Ils ont des regrets. Ils rejettent souvent la faute de la « condition de leur vie » sur les autres. Je me souviens d’une femme dont la société avait fermé suite à la massive grève de La Poste en 1995 et qui, des années plus tard, reportait chaque épreuve de sa vie sur cet événement. La Grève avait plombé toute sa vie !

Repartir à zéro est utopique

Face à des occasions manquées émerge une envie : celle de repartir à zéro. Pourtant la notion de « repartir à zéro » est impossible ! Nous ne sommes pas un ordinateur à qui il suffirait de remplacer la mémoire. Nous nous sommes formés sur nos réussites, nos deuils, nos échecs. On vit avec. Même s’ils ne sont plus aussi vivaces ils composent notre être intérieur, parfois même (c’est le cas pour les accidents) notre être physique.

Et si on se faisait confiance ?

Comment apprécier ce qu’on possède, ce qu’on a fait ? En décidant de se faire confiance et en croyant que chaque étape passée était là sur le chemin pour nous « apprendre » quelque chose d’essentiel ! Le deuil, par exemple, peut nous apprendre que nous sommes capables d’avancer seuls. Perdre son permis de conduire peut nous amener à nous servir davantage de ce corps qui nous a été donné à la naissance, en marchant, en faisant du vélo, en changeant sa vision du monde qui nous entoure. Il ne s’agit pas de faire de la pensée positive à outrance mais plutôt d’apprécier le beau et le bon même dans l’adversité.

C’est l’une des étapes du Coaching « Un Sens à ma Vie ». Si vous souhaitez travailler à devenir la meilleure version de vous-même en conservant votre authenticité, n’hésitez pas à explorer la page Coaching.

Estime de soi : le piège de la comparaison

La comparaison qui n’a aucun sens…

En coaching comme en consulting, surtout dans le monde de l’entreprise, on rencontre parfois des clients souffrant d’une faible Estime de soi. Ils ont généralement un projet intéressant à mener à bien ou tout simplement ressentent que c’est le bon moment pour évoluer. Mais très vite, malgré un coaching efficace permettant d’intégrer des corrections comportementales et mentales, ils (re) perdent une part de leur belle motivation. Il convient alors pour le coach ou le consultant qui les suit à travers une bienveillante « guidance » de comprendre où le bât blesse… C’est en utilisant des méthodes de communication déviant du sujet principal (une évolution et des changements rapides souvent « à tout prix » pour eux…) que le coach ou le consultant va mettre le doigt sur une attitude contre-constructive : le fait de se comparer régulièrement (et parfois systématiquement aux autres). Chacun ayant sa personnalité, ses dons et talents et son rythme, la comparaison est impossible. Elle ne peut fonctionner. Nous l’avons tous appris à l’école : l’eau se compte en litres, le sucre en kilos, l’espace en m2 etc. Et même si litres et kilos ont une équivalence leur rôle n’est pas comparable…

Principe de neutralité et de complétude

Ensuite, la comparaison, en elle-même, n’est pas forcément « malsaine » ou handicapante. Pas besoin d’être sans cesse dans une phase de « débrouissaillage pour être plus créatif ou plus inspiré : suivre le travail et l’évolution d’autres personnes peut être motivant. Il peut être bon de s’inspirer de personnes ayant réussi ou qui -sans en être rendues à ce stade- sont persévérantes. Avoir un mentor est une bonne chose si on sait appliquer des techniques de réussite en restant Soi…

Le parcours de l’autre n’est ni « bon », ni « mauvais ». En fait, pour celui qui veut évoluer il devrait être « neutre » : c’est à dire « complet » (incluant du positif, du négatif). Voir le parcours d’autrui comme « neutre » pour soi et, dans sa substance, « complet » permet de tirer certains enseignements. Beaucoup de choses et d’outils sont neutres. C’est l’usage qu’on en fait qui est bon ou mauvais pour l’un et pas forcément pour l’autre…

Complétude contre Superficiel

Par contre à partir du moment où le parcours et le vécu d’autrui n’est observé qu’en superficie (le titre « pompeux », le statut valorisant, la belle maison, la belle voiture, la famille exemplaire etc.) alors il perd son aspect « complet » (du positif et du négatif) et devient pour l’observateur soit « fusionnel » (qui suscite une forte envie, un fort désir) soit détestable (Il faut l’éviter. Combien de personnes « méjugent » les personnes à succès à cause de leur croyance erronée « l’argent est suspect » ?)

Lorsque se comparer à l’autre n’est pas constructif mais n’apporte que de la souffrance, il est bon de se détacher de cette manière de penser. La thérapie cognitive et la sophrologie peuvent y aider (on change le message, on revalorise le parcours) comme le coaching en suppression des croyances limitantes.

Quelques règles parmi d’autres

On doit également apprendre à se recentrer sur ses fiertés, ses réussites, même celles qui nous paraissent « infimes ». Les grandes règles sont davantage de :

  • Focaliser sur ce que vous possédez et non sur ce qu’il vous manque ou sur ce que vous « enviez » chez l’autre.
  • Face au faste ou à la plénitude exposée par certains apprendre à relativiser et à observer des faits « complets » (ex: le poste à haute responsabilité a probablement demandé de nombreux sacrifices à celui qui le détient. Tout le monde n’est pas fait non plus pour manager etc.)
  • Ne pas se laisser leurrer par de « l’irréel » tel que peuvent nous le proposer à longueur de journées certains réseaux sociaux ou certains médias. La jolie photo postée sur Instagram ou Facebook a peut-être demandé des heures de prise de vue et n’est peut-être pas représentative de la vie habituelle de celui qui en est l’auteur…
  • Ne pas s’arrêter à « l’image » qu’on vous offre des autres et de leur « théâtre » de vie

Clarifiez vos rêves et vos désirs. Demandez-vous d’où ils viennent et s’ils vous appartiennent bien.

Au-delà de ces quelques conseils, il est bon de clarifier vos souhaits, vos rêves et vos objectifs. « Gagner plus » ou « Etre heureux » ne peuvent pas être des objectifs. Dans une optique de coaching ou d’évolution personnelle il faut absolument apprendre à formuler précisément ce que vous souhaiteriez obtenir. (Est-ce que vous souhaitez obtenir 100 euros de plus chaque mois, 1000 euros de plus ? Plus encore ? Ces différents stades ne demandent pas de mettre en oeuvre la même persévérance bien-sûr). De même posez vous la question : « Qu’est-ce qui me permettrait d’être plus heureux ? » (trouver l’âme sœur, avoir des enfants, déménager à l’étranger ? Réaliser votre rêve de jeunesse ? Ou toute autre chose ?) Lorsque vous saurez précisément ce que vous souhaitez réellement obtenir de la vie alors le parcours de l’autre sera secondaire pour vous. Lorsque vous serez dans la « complétude » (état de satisfaction) pérenne vous n’aurez même plus idée de vous comparer.

Trouver des voies qui mènent à vos objectifs

Enfin, posez vous les bonnes questions comme : « ai-je la capacité d’obtenir ceci ? » Si oui apprenez alors à vous faire confiance. Si non demandez vous ce qu’il vous faut faire pour avoir cette capacité et travaillez en ce sens.

Notre société très axée sur le physique et le matériel laisse peu de place à la différence et aux croyances portantes personnelles. Il convient, dès lors, de savoir trouver sa place dans un jeu souvent biaisé, en restant soi-même. Se poser la question : « Ceci relève-t-il vraiment de mon propre désir, de ma propre volonté ou suis-je influencé par le parcours et la vie d’un autre ? » est plutôt sain.

Témoignage

Estelle X. 37 ans

Cela faisait environ 15 ans que j’étais amie avec X. Nous nous étions rencontrées à un cours de danse espagnole, ce qui nous passionnait toutes les deux. Elle avait la chance de partir prochainement vivre en Espagne avec son amoureux natif de là-bas. Mais elle faisait de nombreux aller-retour en France ce qui nous permit de développer une belle amitié. J’ai passé de nombreuses vacances avec elle en Espagne. Puis j’ai rencontré quelqu’un et nous nous sommes perdues de vue. Nous n’échangions que très rarement sur les réseaux sociaux. Il y a quelques années X. est revenue dans ma vie. Physiquement elle avait changé et j’ai remarqué qu’elle avait suivi le même parcours que moi c’est à dire gros régime, fitness pour se remuscler et s’affiner, même coiffure, même style vestimentaire. Elle devenait mon « double ». Lorsque mon ami et moi achetions notre premier appartement, elle devint « jalouse ». Sa vie en Espagne ne semblait plus lui convenir malgré des sorties régulières, la plage et le soleil… Elle m’enviait sur beaucoup de choses. J’ai donc mis fin, après plusieurs altercations verbales téléphoniques, à notre amitié. X faisait tout comme moi mais me reprochait d’en « faire trop » justement. J’ai compris que depuis des années elle ne vivait plus ses propres rêves mais les miens. Cela m’a choquée. Avant cette aventure je ne trouvais pas ma vie très « glamour »… Je ne comprends toujours pas comment on peut avoir envie de la copier… Une vie c’est une nébuleuse en soi… Avec des amis, des événements, des interactions. Pour moi, se comparer à l’autre est une pure perte de temps. Aujourd’hui je m’entoure de personnes qui savent se réjouir pour moi quand il m’arrive du bon et je me méfie de ceux qui sont anormalement envieux. J’ai depuis beaucoup changé en bien.